Nous avons le regret de vous informer du décès d'André Marion, ancien président historique de la ligue de Guyenne dans sa 96ème année.

André Marion

Mesdames, Messieurs,

J’ai demandé à Martine Gérard de lire ces quelques mots pour d’abord exprimer mon regret profond et sincère de ne pouvoir être parmi vous pour accompagner le départ d’André, notre ami André. Ce mot, aujourd’hui galvaudé trouve toute sa signification quand on parle d’André. On n’entrait pas aussi facilement que ça dans son cercle d’amis. André avait le tennis et la fédération chevillés au corps et seuls ceux qui partageaient la même passion et le même engagement pouvaient y prétendre. C’est comme cela que, insensiblement, je suis entré dans ce cercle très fermé. Il n’y avait pas de longs discours ni de palabres mais des repères simples et intangibles qui nous liaient les uns aux autres. Et cela, par delà nos différences d’âges et d’origines sociales ou géographiques.

Du plus loin que je me souvienne, André m’a accueilli tout jeune président de ligue en 1991 et m’a instruit de la chose fédérale. Il avait le mot juste, sa parole ne faiblissait pas face à la contradiction mais il n’était pas obstiné et savait évoluer si les arguments qu’on lui présentaient tenaient la route. Il était fier de ses origines, de sa terre, de sa région de Guyenne. C’était le temps béni où nos ligues portaient des noms qui avaient un accent, une histoire et des traditions.

André, derrière une apparence un peu revêche, aimait les gens et il aimait les dirigeants, ses clubs comme il les appelait. Il était plus que leur président, il était leur porte parole, leur défenseur. André était authentique. Il a fait partie de cette génération de présidents de ligue qui ont construit le Roland Garros moderne que nous connaissons aujourd’hui. Il fallut du courage pour suivre la vision  de Philippe Chatrier qui bouscula alors une fédération ronronnante et un tournoi qui végétait.

André était là, comme un pilier de cette nouvelle politique audacieuse et entreprenante dont nous bénéficions tous aujourd’hui.

André nous a tous déjà enterrés par sa longévité qui était parfois un sujet de plaisanterie entre nous. Il reste le titulaire de ce record de longévité à la tête de sa ligue de Guyenne. Cela lui valait le respect et la considération de tous.

Au moment de lui dire un dernier adieu, je voulais lui dire un immense merci pour ses encouragements, ses conseils et la bienveillance qu’il a toujours eu envers les autres en général. Les bénévoles que nous sommes passons et  notre nom s’effacera au fil du temps. Seules subsisteront, les valeurs que nous avons partagées comme autant de fibres qui tissent aujourd’hui et pour longtemps encore notre fédération.

Jean-Paul Jauffret qui lui succéda à la tête de la Ligue de Guyenne se souviendra sûrement des jours qui suivirent le décès de Philippe Chatrier et où nous prîmes la décision de lui dédier le court central de Roland-Garros. 20 ans après le court a été totalement rénové, et alors que certaines voix appelaient à le débaptiser, nous avons décidé de lui donner encore plus d’éclat. Car derrière ce nom passé à la postérité, figurent le nom de ceux qui, comme André, lui ont permis d’accomplir son œuvre. Et à vous toutes et à vous tous ici assemblés, je dis que chaque fois que vous entendrez le nom de Chatrier vous pourrez y associer le souvenir d’André.

Adieu André, repose en paix, tu l’as bien mérité.

A vous ses proches, à ses amis de l’amicale des anciens présidents de ligue, à toutes celles que ce deuil affecte, je présente, au nom de la Fédération Française de Tennis mes condoléances sincères et attristées.

Bernard GIUDICELLI
Président Fédération Française de Tennis


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